Matériaux radioactifs dans les bâtiments
Ebauche pour consultation publique.

Les bâtiments peuvent contenir des objets et des matériaux de construction qui contiennent des matières radioactives et qui doivent donc être éliminés comme déchets radioactifs. Dans le cadre des diagnostics des polluants du bâti, avant la rénovation/transformation/démolition d’anciennes constructions, il faut tenir compte de ces polluants.

Selon l’aide à l’exécution de l’OLED, module « Déchets de chantier », les détecteurs d’incendie, les interrupteurs avec peinture lumineuse radioactive et les carreaux de céramique avec glaçure radioactive (distribution localement limitée) doivent être particulièrement pris en compte.

 

L’OFSP est en train de préparer une brochure intitulée « Sites contaminés par des substances radioactives dans l’immobilier », à laquelle se réfère l’aide à l’exécution de l’OLED. La brochure OFSP traite des produits suivants :

  • Carrelages de salles de bains, de cuisine et des poêles en céramique
  • Détecteur de fumée à ionisation
  • Protection contre les surtensions des équipements électriques et de télécommunication
  • Paratonnerre à sources radioactives
  • Éclairage des commutateurs avec couleur fluorescente radioactive
  • Bâtiments des fabricants de montres avec contaminations au radium (non traitées dans cette fiche technique)
  • Scories en vrac dans les étages intermédiaires

 

Remarque : en Suisse, le principal responsable de la contamination radioactive des bâtiments est le gaz noble naturel du Radon. Il pénètre dans le bâtiment depuis le sol et se décompose en d’autres matières radioactives. Cette contamination directe d’origine géogène des bâtiments par le radon, ainsi qu’une contamination des éléments de construction par des substances radioactives liée à l’exploitation, ne font pas partie de cette fiche technique.

Les carreaux en céramique peuvent avoir une teneur accrue en matières radioactives naturelles (MRN). La glaçure contient de l’uranium naturel. Les carreaux orange de l’usine de céramique Laufen, mis en vente dans les années 80, sont concernés par ce phénomène. Les carreaux de céramique des poêles historiques en faïence, qui ont été construits jusqu’au début du 19e siècle, peuvent être également concernés.

Le détecteur de fumée à ionisation (DFI) a été développé par les deux physiciens Ernst Meili et Walter Jäger chez Cerberus AG. Les premiers DFI sont apparus sur le marché en 1946. Ces capteurs, équipés d’une substance radioactive, d’abord avec du radium-256 et ensuite surtout avec de l’américium 241, ont longtemps été les détecteurs de fumée de premier choix. Cependant, en raison de la radioactivité, ils ont été progressivement remplacés par des détecteurs de fumée optiques et des détecteurs de chaleur.

À partir du 31.12.2015, la validité de toutes les permissions pour les systèmes DFI avait expiré et les entreprises spécialisées qui avaient auparavant installé des systèmes d’alarme incendie avec DFI ou effectué des travaux de maintenance sur ceux-ci, étaient tenues d’annoncer à la SUVA les exploitants de systèmes avec DFI dont elles avaient connaissance. A partir de cette date, les DFI ne pouvaient plus être installés ou remplacés. Des exceptions pouvaient être acceptées jusqu’au 31.12.2018 au plus tard, moyennant une justification appropriée et une notification à l’autorité de contrôle SUVA. Les DFI défectueux doivent être remplacés par des détecteurs d’incendie modernes sans sources radioactives. Si cela n’est pas possible, l’ensemble du système doit être remplacé.

Un éclateur à gaz est un tube à décharge de gaz avec des électrodes solides des deux côtés (ce sont souvent aussi les capuchons de fermeture), qui sert de limiteur de surtension pour protéger contre les surtensions (Protection contre les surtensions), telles qu’elles peuvent se produire, p. ex., en raison de coup de foudre à proximité de réseaux (réseau téléphonique, réseau électrique) ou de systèmes d’antennes.

Mais on les trouve aussi dans l’électronique de puissance. Dans un tube en verre ou en céramique se trouve du gaz rare, qui peut contenir des traces de substances radioactives (p. ex. radium-226, tritium) afin de réaliser une préionisation pour les processus de coupure rapide. Le terme anglais gas discharge tube GDT est souvent utilisé pour les éclateurs à gaz.

Les paratonnerres radioactifs des années 1950 se trouvent principalement en France et en Suisse Romande. Dans ces systèmes de protection contre la foudre, une substance radioactive est censée ioniser l’air autour du conducteur métallique par son rayonnement et ainsi diriger la foudre sur lui. Comme substances radioactives, ces paratonnerres contiennent généralement du radium-226 ou de l’américium-241 avec une radioactivité d’environ 30 kBq à 70 Mbq. Plusieurs de ces sources de rayonnement étaient montées sur un mât.

De 1907 à 1963, l’industrie horlogère suisse a utilisé des couleurs fluorescentes contenant du radium. Une couleur fluorescente radioactive est toujours constituée de sulfures fluorescents, qui sont rendus lumineux par une substance radioactive. En plus du radium-226, les isotopes radioactifs mésothorium, radiothorium, prométhium, strontium et, à partir des années 1960, le tritium, moins dangereux, ont été utilisés plus tard pour activer le sulfure de zinc. Le tritium a été successivement remplacé dans les années 1990 par des couleurs fluorescentes sans nucléides radioactifs. Des sources de tritium gazeux enfermées dans de petites ampoules de verre sont cependant encore utilisées aujourd’hui dans l’industrie horlogère.

Ces couleurs ont toutefois été utilisées non seulement pour les cadrans et les aiguilles de montres, mais aussi pour d’autres dispositifs d’affichage, des marquages sur des dispositifs optiques et des interrupteurs, en particulier pour le matériel militaire et l’équipement des avions. Les interrupteurs d’éclairage et d’ascenseur peuvent être munis de couleur fluorescente radioactive dans les anciens bâtiments (autour des années 1920).

Les cavités dans les sols et les plafonds étaient auparavant remplies de scories à des fins d’isolation. Les scories d’incinération présentent généralement un rayonnement radioactif plus élevé que celui du sol naturel. En raison de l’enrichissement des matières naturelles radioactives (MRN) ou de la combustion de déchets de sites pollués radioactifs, ces matières peuvent présenter une radioactivité accrue.

Sans intervention

Les matériaux de construction minéraux courants pour les maisons, tels que le béton, les briques, le clinker, les carreaux de céramique (carreaux orange de l’usine de céramique Laufen, années 80), les carreaux de poêles, le plâtre et le béton cellulaire, contiennent des radionucléides naturels. En règle générale, il n’y a pas de rayonnements importants pouvant impacter la santé des habitants du bâtiment. Les mesures de l’Office fédéral allemand de la radioprotection BfS montrent que dans la grande majorité des cas, les produits de construction actuels examinés ainsi que les pierres naturelles examinées ne dépassent pas 200 nSv/h, même en cas d’application sur de grandes surfaces à l’intérieur des bâtiments. En moyenne, seuls 80 nSv/h ont été mesurés. À 200 nSv/h, la valeur de référence légale de 1 mSv/a pour une exposition de fond naturelle (correspondant à un temps de séjour de 96 heures par semaine) est dépassée.

Certains carreaux de céramique peuvent contenir de l’uranium naturel dans la glaçure avec une activité radioactive supérieure à la limite légale allemande (voir introduction).

Dans les détecteurs de fumée à ionisation, la source radioactive est encapsulée dans un boîtier léger, qui doit être perméable au rayonnement bêta. Les anciens modèles avec Radium-256 sont également des émetteurs de rayons gamma.

À long terme, la corrosion peut provoquer des fuites au boîtier. Des dommages mécaniques dus à une collision (p. ex. lors du déplacement de meubles de grande taille) sont également possibles. Cela permet à la matière radioactive de s’échapper dans l’air de la pièce.

Cependant, il n’y a généralement pas de danger d’exposition pour les personnes.

Le rayonnement radioactif est complètement absorbé par la paroi du boitier de l’éclateur à gaz de surtension. Par conséquent, tant que les boitiers sont intacts, il n’y a pas de danger.

Pour autant que les paratonnerres radioactifs restent intacts sur le toit d’un bâtiment, ils ne constituent aucun danger. Si en revanche, des pièces tombent à cause de la corrosion ou de la foudre, ou si des paratonnerres sont démontés et stockés à l’intérieur d’une maison, ils peuvent provoquer un rayonnement qui dépasse les valeurs limites et constituer ainsi un danger pour les occupants. L’OFSP mène une campagne de retrait de ces paratonnerres.

Les anciennes couleurs fluorescentes contenaient des substances radioactives avec un rayonnement de grande portée (par exemple le radium). Celles-ci sont particulièrement dangereuses si les objets contenant ces couleurs fluorescentes sont portés constamment sur le corps. Comme ce n’est pas le cas avec les interrupteurs ou des appareils similaires, il n’y a pas de danger pour les personnes avec ces matériaux installés dans les bâtiments.

Le rayonnement direct des substances radioactives utilisées aujourd’hui pour les couleurs fluorescentes, a une portée de seulement quelques centimètres dans l’air. Le blindage est déjà assuré par un couvercle transparent. Cependant, les couleurs fluorescentes peuvent présenter un risque d’irradiation si elles s’effritent ou si elles sont appliquées avec négligence, car la substance radioactive peut alors être incorporée.

En Suisse, les scories ne sont radioactives que dans de très rares cas. Sur la base des connaissances actuelles, il est supposé que les scories radioactives n’ont également pas d’effets importants sur la santé des utilisateurs. Cette question fait actuellement l’objet d’une enquête de l’OFSP.

On se demande actuellement si l’argile crue (sans cuisson) utilisée comme matériau de construction peut entraîner un risque sanitaire d’exposition aux rayonnements, car celle-ci peut libérer du gaz radioactif thoron dans l’air d’une pièce.

En cas de travaux

Dans le cas des carreaux de céramique, le danger dépend du rayonnement radioactif et du type de traitement. Si de la poussière contaminée par radioactivité est générée, il y a un danger. Le ponçage de la glaçure des carreaux orange doit être évité en raison du danger potentiel pour les personnes. Dans certains cas à clarifier en concertation avec l’OFSP.

Il existe un risque d’augmentation de l’exposition au rayonnement si les anciennes installations et appareils contenant une source radioactive sont ouverts ou démontés de manière incorrecte.

En règle générale, les scories radioactives dans les planchers intermédiaires et les carreaux de céramique radioactifs ne sont pas détectés lors d’un contrôle normal du bâtiment sans suspicion particulière.

Dans le cas des carreaux muraux en céramique, les carrelages orange de l’usine de céramique Laufen (années 80) peuvent être concernés (voir l’introduction de cette fiche technique). Les matériaux correspondants doivent être classés comme étant radioactifs par défaut et désignés ainsi dans le rapport.

En règle générale, il n’est pas nécessaire de déterminer la radioactivité des scories avant leur élimination.

Les détecteurs de fumée à ionisation doivent être marqués sur la face inférieure avec le signe d’avertissement de radiation. Normalement ils peuvent être retirés du socle vissé et remontés simplement en les tournant. L’installateur du système peut également fournir des informations sur l’utilisation éventuelle des DFI.

Dans le cas des paratonnerres, une évaluation visuelle doit être faite pour savoir si des sources de rayonnement y sont présentes.

Pour la détection/diagnostic des éclateurs à gaz de surtension aucune recommandation spécifique ne peut être faite actuellement.

Afin de vérifier si une couleur phosphorescente ou une couleur fluorescente radioactive est présente, entreposer les objets dans l’obscurité pendant plusieurs heures et vérifier ensuite s’ils continuent à briller. Les substances radioactives génèrent leur propre énergie lumineuse et luisent indépendamment de l’incidence de la lumière. Cependant, cet effet n’est pas présent dans tous les cas. Une reconnaissance univoque de cette couleur fluorescente n’est possible qu’en mesurant le débit de dose.

Il n’existe actuellement aucune base ou directive pour les recommandations concernant d’autres matériaux. D’autres recommandations seront publiées dans Polludoc dès que la brochure de l’OFSP sera disponible.

En principe, à l’exception des éclateurs à gaz, toutes les sources radioactives mentionnées peuvent être localisées avec un compteur Geiger-Müller.

La procédure et les mesures de protection pour le retrait des carreaux céramiques radioactifs dépendent du rayonnement radioactif et du type de traitement. Le ponçage de la glaçure des carreaux orange doit être évité en raison du danger potentiel pour les personnes. Dans certains cas, le concept d’assainissement doit être clarifié en consultation avec l’OFSP.

La manipulation d’installations et d’appareils contenant une source radioactive est réservée aux spécialistes qui disposent de l’autorisation de l’OFSP. Le démontage et l’élimination des détecteurs de fumée par ionisation doivent être confiés à des spécialistes de l’entreprise qui a installé ou remplacera le système et qui dispose de l’autorisation de l’OFSP. Cette société notifiera également à la Suva le retrait de la liste des exploitants d’installations avec DFI.

L’élimination des déchets minéraux radioactifs (carrelages, scories) doit être déterminée au cas par cas. En principe, aucun déchet radioactif ne peut être éliminé dans des décharges qui ne sont pas destinées aux déchets radioactifs.

Le propriétaire est tenu de veiller à ce que ses DFI, ses paratonnerres radioactifs, ses protections radioactives contre les surtensions et ses éléments avec couleur fluorescente radioactive, soient éliminés de manière appropriée conformément à l’ordonnance sur la radioprotection (ORaP). Ces déchets radioactifs ne peuvent en aucun cas être transférés vers des points de collecte de déchets ou de recyclage. L’OFSP organise le transport vers le centre fédéral de collecte des déchets radioactifs (Institut Paul Scherrer).

Photos
17 mai 2020
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