Crépis, enduits
Ebauche pour consultation publique.

Des fibres d'amiante ont été utilisées comme adjuvant pour les enduits et les crépis (ci-après, seul le crépi est mentionné, les enduits sont toutefois toujours inclus).

Selon l'état actuel des connaissances, il est impossible d'identifier un type de crépi contenant systématiquement de l'amiante ou n'en contenant pas. Il n'existe également aucune donnée fiable quant à la période d'utilisation de tels matériaux. On peut toutefois partir du principe que les crépis utilisés après 1990 ne contiennent plus d'amiante. Par conséquent, l'ensemble des crépis intérieurs et extérieurs ainsi que des crépis de fond et de finition datant d'avant 1990 sont considérés comme susceptibles de contenir de l'amiante.

Toutefois, on peut noter quelques différences concernant la probabilité de la présence d'amiante dans les différents types de crépis antérieurs à 1990:

  • Crépis / enduits anti-corrosion, anti-incendie et de protection acoustique: ces crépis contiennent probablement plus souvent de l'amiante que les crépis standards.
  • Crépis standards: 5 à 15% des échantillons de crépi, resp. 20 à 30% des bâtiments contiennent de l'amiante dans leur crépi.
  • Crépi de fond: Crépi de fond: Peut définitivement convenir de l'amiante, mais plus rarement que les crépis de finition. Actuellement, on ne sait pas encore s'il faut s’attendre à un crépi de fond amianté sous une colle de faïence.

La teneur en amiante dans les crépis varie entre 0,001% et 5%; toutefois, les concentrations dépassant 1% sont rares. Le type d'amiante contenu dans les crépis est souvent de l'anthophyllite et/ou du chrysotile.

Dans de nombreux cas, l'amiante est réparti de manière homogène dans le crépi. Cependant, on trouve également régulièrement des résultats hétérogènes (zones sans amiante et zones avec amiante pour une même utilisation du crépi). Ces résultats hétérogènes sont peut-être dus à des effets liés à la prise d'échantillons ou à des difficultés d'analyse.

Il n'existe actuellement aucune donnée fiable quant à la période d'utilisation de tels matériaux.

Outre l'amiante qu'on y a ajouté volontairement, le crépi peut parfois contenir de l'amiante géogène (amiante présent dans la roche ayant servi de base à la fabrication du crépi, p. ex. le talc).

Utilisation normale

Type de matériau (degré d’agglomération): fortement aggloméré.

Aucune libération de fibres mesurable. (Des mesures non publiées ont montré que, même sous une influence physique (p. ex. dans les salles de sport, les hôpitaux) et en cas de dégradation locale telle qu'un clou planté, aucune quantité mesurable de fibres d'amiante n'a pu être détectée.)

Déconstruction / transformation

En cas de forage, on estime une faible libération de fibres (zone orange selon les degrés de danger de la Suva; les mesures réalisées jusqu'à présent donnent env. 100 à 1000 FAR/m3, parfois jusqu'à un peu moins de 10 000 FAR/m3).

En cas de perçage, fraisage ou ponçage du crépi, de grandes quantités de fibres d'amiante sont généralement libérées (de 10 000 à plus de 1 million de FAR/m3, zone rouge selon les degrés de danger de la Suva).

En cas de déconstruction à l'aide d'une pelleteuse, on peut estimer, sur la base des mesures réalisées jusqu'à présent, une libération locale de fibres de quelques milliers à max. 20 000 FAR/m3. Cette concentration diminue toutefois très rapidement avec la distance.

La libération de fibres lors du traitement semble être largement indépendante de la concentration en amiante dans le crépi. Ce n'est que lorsque la concentration d'amiante est extrêmement faible (< 0,1 %) que l'on peut envisager une plus faible libération de fibres (ces résultats ne sont pas encore fiables et doivent être vérifiés).

Selon les instructions des associations FAGES et ASCA de mars 2018, le crépi doit obligatoirement faire l'objet de prélèvements avant tout traitement de surface ou toute élimination, ainsi qu’avant la démolition de bâtiments / d'éléments de construction contenant du crépi.

Il n'est cependant pas obligatoire de prélever des échantillons en cas d'utilisation normale ou avant de petits travaux tels que planter un clou ou percer un trou. Cette remarque n'est pas valable pour des travaux de forage de plus grande envergure relevant du domaine professionnel et, par conséquent, nécessitant au préalable un échantillonnage.

Si aucun échantillon n'est prélevé, le crépi datant d'avant 1990 doit être considéré comme contenant de l'amiante par défaut.

Echantillonner

A. Type d'échantillons

Les crépis sont souvent appliqués en plusieurs couches, avec des couches de peinture supplémentaires et plusieurs générations de crépis les unes sur les autres. Il est difficile de réaliser un prélèvement couche par couche. En règle générale, on prélève et on analyse un échantillon unique de plusieurs couches à la fois. Si cet échantillon s'avère positif à l'amiante, une nouvelle analyse par couche peut s'avérer utile: p. ex., si seul le crépi de finition contient de l'amiante, le crépi de fond n'a pas besoin d'être assaini.

Lors du prélèvement d'un échantillon multicouches, il faut veiller à ce que la proportion du crépi de fond dans l'échantillon soit similaire à la proportion du crépi de finition. Il faut impérativement s'assurer qu’une quantité suffisante de matériaux est prélevée sur toutes les couches susceptibles de contenir de l'amiante (plusieurs grammes). Par ailleurs, il convient d'éviter de prélever dans les échantillons des matériaux qui ne sont pas susceptibles de contenir de l'amiante, tels que de la maçonnerie (au risque de diluer la quantité d'amiante en dessous de la limite de détection).

B. Technique de prélèvement des échantillons

Il est recommandé de prélever les échantillons de manière à ce que la structure de la couche soit visible (avantage pour le laboratoire), en utilisant p. ex. un outil de perçage (partie perforée). Autres possibilités pour l'échantillonnage: selon les méthodes allemandes BT31, BT32 ou BT33 (avec sachet en plastique spécifique) ou des mesures similaires avec un niveau de protection comparable (avec aspiration à la source).

C. Echantillons composites

Dans certains cas, il peut être judicieux de prélever des échantillons composites qui consistent à regrouper plusieurs points d’échantillonnage. Cependant, seuls des échantillons individuels d’une même application peuvent être mélangés (p. ex. plusieurs échantillons de crépi d’une cage d'escalier ou plusieurs échantillons de différentes pièces ayant le même crépi intérieur, etc.). Le nombre maximal d’échantillons individuels par échantillon composite doit être défini de sorte que la limite de détection par échantillon ne soit pas trop élevée. Recommandation actuelle du groupe de travail FAGES-ASCA: un maximum de 3 à 5 échantillons individuels peuvent être regroupés pour 1 échantillon composite. Lorsque des échantillons composites sont prélevés, des échantillons individuels doivent également être réalisés.

Le laboratoire doit être averti qu'il s'agit d'un échantillon composite.

Il faut impérativement s'assurer qu’une quantité suffisante de matériaux est prélevée sur toutes les couches (plusieurs grammes).

D. Nombre d'échantillons

Au moins 1 échantillon par application (ou utilisation) différente: chaque application doit faire l'objet d'un prélèvement individuel (p.ex. couloir, chambre, cage d'escalier, mur, plafonds, intérieur, extérieur, etc.). Exemple pour une maison individuelle: 3 à 5 échantillons.

Dans le cas de plusieurs pièces / appartements similaires, env. 10 à 25% des pièces de construction similaire doivent faire l'objet de prélèvements (1 échantillon tous les 4-6 pièces / logements).  Exemple: Immeuble collectif avec 20 appartements de construction similaire: ordre de grandeur de 8 à 14 échantillons (p. ex. prélèvement d'échantillons dans 2-4 appartements, à chaque fois dans 1 chambre, 1 couloir, 1 salle de bain, 1 cage d'escalier, 1-2 échantillons à l'extérieur).

Les règles ci-dessus sont valables pour des cas standards. Exceptions :

  • S'il a été indiqué que différentes sortes de crépi sont présentes, davantage d'échantillons sont nécessaires.
  • Si un travail de grande envergure à fort potentiel de libération de fibres est prévu (p. ex. ponçage du crépi dans le cadre d'une transformation), il est recommandé de prélever plus d'échantillons.
  • Si une démolition est prévue, moins d'échantillons sont nécessaires.

Pour les bâtiments possédant une isolation extérieure, il faut vérifier si une couche de crépi ne se trouve pas sous l'isolation.

Procédure selon la feuillet 84052 de la Suva

  • Recouvrement avec de la peinture (sans ponçage): Aucune mesure
  • Perçage (domaine professionnel): zone orange conformément à la fiche thématique 33067 de la Suva.
  • Retrait mécanique (ponçage) et recouvrement avec de la peinture: zone rouge. Il est nécessaire de recourir à une entreprise de désamiantage reconnue par la Suva conformément à la directive CFST 6503, chap. 7.

Principes de base: pour l’échantillon d’un crépi dans lequel aucune fibre d'amiante n'a été détectée, il est impossible d'exclure avec certitude que le crépi en question ne contient pas d’amiante à un autre endroit. A titre préventif pour la santé des travailleurs, la mise en œuvre d'une méthode générant peu de poussière et le port d'un masque de protection contre les poussières fines de type FFP3 sont recommandés pour tous les travaux intervenant sur des crépis.

Matériaux fins (p. ex. poussière de broyage, produit pointu): décharge de type E selon la fiche thématique 33065 de la Suva.

Matériaux grossiers (amiante fortement aggloméré, p. ex. morceaux de maçonnerie avec crépi bien fixé sur son support): décharge de type B selon la fiche thématique 33064 de la Suva (exceptions cantonales possibles). En Suisse romande, décharge de type E.

Remarque générale : Dans les cantons romands l'Aide à l’exécution intercantonale sur "l'Elimination des déchets contenant de l’amiante" (AERA, décembre 2016) s'applique. Pour les cantons alémaniques et le Tessin, il n'y a actuellement aucune directive comparable. L'OFEV est en train d'élaborer une aide à l'exécution à l'OLED sur l'élimination de déchets contenant de l’amiante. Dès que l'OFEV aura publié ce document, les informations correspondantes seront reprises dans la présente documentation.  En attendant, les indications de Polludoc se basent sur la pratique commune en Suisse alémanique (sans reprendre des spécificités cantonales). Pour la protection de la santé des travailleurs, il faut par ailleurs respecter les fiches techniques 33063 et 33064 de la Suva. Les autres données devront être utilisées avec précaution.

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